ATD Quart-Monde
Comité de Montpellier
http://www.reseau.org/atd 
Mouvement régi par la loi 1901 – Fondation reconnue d’utilité publique en 1971
Organisation Non Gouvernementale reconnue par l’ONU, l’UNESCO, l’OIT et le Conseil de l’Europe

Nos actions sur Montpellier

Voici une présentation de notre action sur Montpellier. Nous donnons les pistes d'attention et de réflexions, ainsi que les nouvelles perspectives qui s'ouvrent pour les activités d'ATD Quart-Monde sur les quartiers de Montpellier, et en particulier le nouveau projet de pivot culturel, puis nous présenterons le mouvement national.


LE CHAMP D'ACTION :

Comment lutter contre l'exclusion, et en particulier l'exclusion scolaire et culturelle dans la population gitane ? Cette question est l'une des plus ardues que se posent les membres d'ATD Quart-Monde travaillant dans deux cités tsiganes à Montpellier.
Nous ne pouvons pas parler ici d'un seul problème, mais d'une suite de difficultés, que la méfiance réciproque vient envenimer. Les longs siècles d'exclusion vécus par les gens du voyage rendent le travail encore plus malaisé.



LES PERSONNES TOUCHEES :

Voici pour commencer une brève présentation des deux cités où les actions ont lieu, puis une présentation des personnes participantes aux actions.

Le lotissement des Marels, est une petite cité d'une ciquantaine de villas, construite sur la colline de Montaubérou (Pompignagne). Les personnes qui y logent sont des Gitans de la cité de la Grappe (pont Zuccarelli), démolie en août 2000. L'immeuble était très délabré. La ville, qui voulait faire de ce lieu la nouvelle mairie, l'a détruite. Toutes les familles n'ont pas été relogées aux Marels, certaines sont parties ailleurs (la Paillade.). Si les 2/3 des familles étaient contentes, au départ, de leur logement, très rapidement les critiques ont fait place à la bonne humeur.
1. Ils se sentent trop loin de la ville et isolés.
2. Les enfants sont à l'école aux Aiguerelles, ce qui représente des transports supplémentaires.
3. Les maisons commencent à se fendre.
4. Il n'y a que l'électricité, ce qui fait que beaucoup de familles n'ont pas de four et que le chauffage coûte très cher.
5. Le lotissement est construit avec un mur tout autour, ce qui donne l'impression d'un ghetto.
6. Il n'y a ni espace vert, ni lieu pour des réunions, aucun endroit pour les enfants pourtant nombreux.
7. Personne d'extérieur ne rentre dans la cité (assistante sociale.), si ce n'est ATD.
De chaque coté, se sont construits deux nouveaux lotissements, plus aérés, pour loger des Gitans de Montaubérou. Nous craignons une augmentation de la violence, car les relations entre les deux cités sont assez tendues.
Les enfants sont dirigés vers l'école des Aiguerelles. La longueur du trajet et la difficulté de trouver un environnement porteur, fait que l'absentéisme, voire la privation totale de scolarisation sont importantes.

La cité Gély se trouve à Figuerolle, elle a été construite dans les années 1960, et cela pour reloger, entre autres, les personnes du bidonville des Barques (Mosson). Elle comporte 400 logements, dont 300 sont occupés par des Gitans. Si la cité est en assez bon état, une rénovation extérieure est prévue par le Grand Contrat de Ville.
La scolarité, dans les deux secteurs d'intervention d'ATD, est problématique.


LES REALISATIONS ACTUELLES :

Pour lutter contre cela ATD a créé des petites structures de partage du savoir, les bibliothèques de rues. Une couverture posée à même le sol, des livres que nous lisons avec les enfants, nous autorisent à rentrer en contact avec eux et, petit à petit, à tisser des liens de confiance. Cette relation va nous permettre de percevoir les envies et les passions de l'enfant. Nous pouvons, par la suite, valoriser l'enfant dans son propre savoir et lui faire percevoir qu'il sait déjà des choses et est capable d'apprendre. Cette redécouverte de sa capacité d'apprendre peut être le lieu d'un second départ. La prise de conscience que le milieu scolaire n'est pas le seul lieu du savoir, mais que sa famille et son peuple sont aussi porteurs d'une réelle compétence, va engendrer une dynamique positive, et positionner l'enfant dans une vision plus créatrice de l'école et des lieux de culture.
Cette valorisation du savoir déjà présent, la reconnaissance du savoir non utilisé par l'école (langue gitane, valeur familiale, musique.), permettra à l'enfant de reprendre confiance en lui et de faire des pas supplémentaires dans des nouveaux apprentissages.
Deux bibliothèques de rue fonctionnent déjà sur Montpellier. Une sur la Cité Gély (Figuerolles) au lieu-dit ''Le Parc Blanc'', et l'autre auprès de la population de la rue des Marels (Pompignane) que les animateurs d'ATD ont suivie lors de leur déménagement. Venir avec des livres dans les cités, c'est exprimer et travailler à ce que la culture devienne un droit et non un luxe.


NOUVELLES PERSPECTIVES :

Avec ATD, nous ne voulons pas que les familles les plus exclues, subissent un nouveau revers, en étant rejetées de la connaissance des nouvelles technologies. Il nous semble fondamental de créer un véritable partenariat entre les détenteurs de ces technologies et les cités. Il est important de pouvoir partager avec les plus pauvres cet amour du savoir, et l'ordinateur est aujourd'hui un outil incontournable de connaissance.
Nous aimerions pouvoir créer sur la cité Gély un pivot culturel, un lieu pour apprendre et travailler avec l'ordinateur, en partenariat avec l'école et la bibliothèque. Ce lieu pourrait servir à faire des travaux sur la culture tsigane ou sur les centres d'intérêt des enfants (chevaux, motos.).
La demande des enfants par rapport à l'écriture et à l'expression est importante. L'ordinateur, mais aussi la photo, la peinture, les ateliers d'écriture, nous autoriseraient à travailler sur la création de petites histoires illustrées, d'un site Internet présentant la culture gitane. Les idées ne manquent pas, les personnes pour nous aider non plus (Boutique du Livre, association Orale.), seul manque le matériel nous permettant de concrétiser cela.
C'est pour rendre ludique et pertinente cette nouvelle forme de partage du savoir, que nous cherchons à travailler sur un ordinateur, à utiliser des CD-ROM et Internet, et à permettre aux personnes exclues d'avoir accès aux nouvelles technologies.
Nous sommes aussi en train de chercher activement un local permettant un va-et-vient entre la bibliothèque de rue et le pivot culturel. Nous avons pensé à un garage, le local étant pour les activités ''lourdes'' et, devant la porte, les livres pourraient être lus. Ce qui permettra aux animateurs de la partie lecture d'avoir un oil sur le hangar et de veiller à sa sécurité.
Sur le lotissement des Marels, le manque de local nous oblige à une utilisation plus simple et plus légère de l'ordinateur et des moyens d'expression : écriture de petits textes, recherche sur Internet.
Dans les temps forts des mois d'été, nous avons pu remarquer la joie et l'intérêt que l'ordinateur procurait dans la cité (nous l'avions emprunté à Marseille). Ce qui est le plus intéressant, c'est le rapport nouveau que les parents établirent avec nous, suite à cette expérience. Plusieurs demandes d'apprentissage de l'informatique ont été faites par des mamans. C'est aussi cette opportunité qui nous fait exprimer le besoin d'aller plus loin dans notre démarche.
Dans ces bibliothèques de rue, qui ont lieu depuis 6 ans pour celle des Marels et depuis un an pour celle de la cité Gély, nous sommes arrivés à une nouvelle étape de notre cheminement avec le peuple gitan, et un pas supplémentaire pourrait être franchi. Nous espérons de tout cour pouvoir passer ce cap cette année.


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