50. Comment un homme dans l'affliction doit s'abandonner entre les mains
de Dieu
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Le fidèle: Seigneur mon Dieu, Père saint, soyez béni
maintenant et dans toute l'éternité, parce qu'il a été
fait comme vous l'avez voulu, et ce que vous faites est bon.
Que votre serviteur se réjouisse, non en lui-même ni en
nul autre, mais en vous seul, parce que vous seul êtes la véritable
joie: vous êtes, Seigneur, mon espérance, ma couronne, ma
joie, ma gloire.
Qu'y a-t-il en votre serviteur qu'il n'ait reçu de vous,
et sans l'avoir mérité ?
Tout est à vous: vous avez tout fait, tout donné.
Je suis pauvre, et dans les travaux dès mon enfance.
Quelquefois mon âme est triste jusqu'aux larmes, et quelquefois elle
se trouble en elle-même, à cause des passions qui la pressent.
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Je désire la joie de la paix, j'aspire à la paix de vos enfants,
que vous nourrissez dans votre lumière et vos consolations.
Si vous me donnez la paix, si vous versez en moi votre joie sainte,
l'âme de votre serviteur sera comme remplie d'une douce mélodie
et, ravi d'amour, il chantera vos louanges.
Mais si vous vous retirez, comme vous le faites souvent, il ne pourra
courir
dans la voie de vos commandements; alors il ne lui reste qu'à
tomber à genoux et se frapper la poitrine, parce qu'il n'en est
plus pour lui comme auparavant, lorsque votre lumière resplendissait
sur sa tête, et qu'à l'ombre de vos ailes il trouvait
un abri contre les tentations.
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Père juste et toujours digne de louanges, l'heure est venue où
votre serviteur doit être éprouvé.
Père aimable, il est juste que votre serviteur souffre maintenant
quelque chose pour vous.
Père à jamais adorable, l'heure que vous avez prévue
de toute éternité est venue, où il faut que votre
serviteur succombe pour un peu de temps au-dehors, sans cesser de vivre
toujours intérieurement en vous.
Il faut que pour un peu de temps il soit abaissé, humilié,
anéanti devant les hommes, brisé de souffrances, accablé
de langueurs, afin de se relever avec vous à l'aurore d'un jour
nouveau, et d'être environné de splendeur dans le ciel.
Père saint, vous l'avez ainsi ordonné, ainsi voulu, et
ce que vous avez commandé s'est accompli.
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Car c'est la grâce que vous faites à ceux que vous aimez,
de souffrir en ce monde pour votre amour, et d'être affligés
autant de fois et par qui que ce soit que vous le permettiez.
Rien ne se fait sur la terre sans raison, sans dessein et sans l'ordre
de votre Providence.
Ce m'est un bien, Seigneur, que vous m'ayez humilié, afin
que je m'instruise de votre justice, et que je bannisse de mon coeur
tout orgueil et toute présomption.
Il m'est utile d'avoir été couvert de confusion, afin
que je cherche à me consoler plutôt en vous que dans les hommes.
Par là j'ai appris encore à redouter vos jugements impénétrables,
selon lesquels vous affligez et le juste et l'impie, mais toujours
avec équité et justice.
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Je vous rends grâces de ce que vous ne m'avez point épargné
les maux, et de ce qu'au contraire vous m'avez sévèrement
frappé, me chargeant de douleurs et m'accablant d'angoisses au-dedans
et au-dehors.
De tout ce qui est sous le ciel, il n'est rien qui me console; je n'espère
qu'en vous, ô mon Dieu ! céleste médecin des âmes,
qui
blessez et qui guérissez; qui conduisez jusqu'aux enfers, et qui
en ramenez.
Vous me guidez par vos enseignements, et votre verge même
m'instruira.
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Père uniquement aimé, voilà que je suis entre vos
mains, je m'incline sous la verge qui me corrige.
Frappez, frappez encore, afin que je réforme selon votre gré
tout ce qu'il y a d'imparfait en moi.
Faites de moi, comme vous le savez si bien faire, un disciple humble
et pieux, toujours prêt à vous obéir au moindre signe.
Je m'abandonne, moi et tout ce qui est à moi, à votre
correction. Il vaut mieux être châtié en ce monde qu'en
l'autre.
Vous savez tout, vous pénétrez tout, et rien ne vous
est caché dans la conscience de l'homme.
Vous connaissez les choses futures avant qu'elles arrivent et il n'est
pas besoin que personne vous instruise ou vous avertisse de ce qui se passe
sur la terre.
Vous savez ce qui est utile à mon avancement et combien la tribulation
sert à consumer la rouille des vices.
Disposez de moi selon votre bon plaisir et ne me délaissez point
à cause de ma vie toute de péché, que personne ne
connaît mieux que vous.
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Faites, Seigneur, que je sache ce que je dois savoir, que j'aime ce que
je dois aimer, que je loue ce qui vous est agréable, que j'estime
ce qui est précieux devant vous, et que je méprise ce qui
est vil à vos regards.
Ne permettez pas que je juge d'après ce que l'oeil aperçoit
au-dehors, ni que je forme mes sentiments sur les discours insensés
des hommes; mais faites que je porte un jugement vrai des choses sensibles
et spirituelles, et surtout que je cherche à connaître votre
volonté.
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Souvent les hommes se trompent en ne jugeant que sur le témoignage
des sens. Des amateurs du siècle se trompent aussi en n'aimant que
les choses visibles.
Un homme en vaut-il mieux parce qu'un autre homme l'estime grand ?
Quand un homme en exalte un autre, c'est un menteur qui trompe un menteur,
un superbe qui trompe un superbe, un aveugle qui trompe un aveugle, un
malade qui trompe un malade; et les vaines louanges sont une véritable
confusion pour qui les reçoit.
Car, "ce qu'un homme est à vos yeux, Seigneur, voilà
ce qu'il est réellement, et rien de plus", dit l'humble saint François.
Site d'origine de cette transcription: http://ijc.reseau.org/
